vendredi 30 octobre 2015
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Le Nouveau Musée National de Monaco présente FAUSTO MELOTTI

Le Nouveau Musée National de Monaco (NMNM) présente FAUSTO MELOTTI, une exposition consacrée à l’œuvre polymorphe aux multiples facettes de l’un des plus grands artistes de l’entre-deux-guerres et de l’après-guerre en Italie.

fausto_melottiElle rassemble une vingtaine de sculptures en métal de l’artiste et plus de 70 de ses céramiques. Après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur électrotechnique, Melotti a poursuivi ses études à l’Académie des beaux-arts de Brera de 1928 à 1929 sous la direction du célèbre sculpteur ADOLFO WILDT, avec son futur ami LUCIO FONTANA.

PROGRAMME POUR LE PUBLIC

Le NMNM cherche à favoriser les rencontres entre des publics, des œuvres et des créateurs. A la Villa Paloma comme à la Villa Sauber, La Table des Matières et le Salon de Lecture offrent aux visiteurs de tout âge un cadre privilégié, permettant de prolonger leur visite et de satisfaire leur curiosité.

Parallèlement aux visites thématiques (sur réservation) et aux ateliers jeunes publics MASC (durant les vacances scolaires), le programme Hors Circuit propose tout au long de l’année des rencontres informelles, en petits groupes, autour d’artistes, architectes, historiens, curateurs… permettant ainsi aux visiteurs de renouveler leur regard et de découvrir de nouveaux horizons.

VISITES GUIDEES

Un médiateur est présent tous les jours à la Villa Paloma en période estivale afin d’accompagner le public dans sa visite ou de répondre à ses questions (français et anglais). Des visites de groupes sont possibles tous les jours de la semaine sur réservation préalable. Le NMNM développe également, en lien étroit avec des associations spécialisées de Monaco et de la région, des visites pour les publics en situation de handicap.

Un programme adapté aux visiteurs mal et non-voyant est disponible sur réservation et des visites en langue des signes sont également envisageables. Des groupes de l’AMAPEI sont régulièrement accueillis depuis plusieurs années.

HORS CIRCUITS • date à confirmer (fin septembre début octobre) Rencontre avec Valérie Da Costa autour de Fausto Melotti et la céramique • vendredi 20 novembre à 20h : Dans le cadre du festival MANCA organisé par le CIRM, Centre National de Création Musicale, récital de Soundplane : Suite de musiques traditionnelles de Kepler-186f, par Gaël Navard, composition, planche à sons.

10 MINUTES – 1 OEUVRE

Tous les mardis*, entre 12h30 et 14h les visiteurs munis du pass “10 minutes = 1 œuvre” peuvent accéder gratuitement au musée et profiter, pendant une dizaine de minutes, de la présentation d’une œuvre par l’un de nos médiateurs. Ce pass est distribué par de nombreuses entreprises de la Principauté. MASC (MUSEUM ART SUMMER CLUB) Un atelier jeune public sera organisé pendant les vacances de la Toussaint. Pour plus d’informations, le site internet du Musée et sa page facebook se feront le relais des évènement organisés

Renseignements et réservations au +377 98 98 49 38 ou public@nmnm.mc

La recherche des commissaires de cette exposition a commencé par un constat sur les relations entre Melotti et le magazine DOMUS, fondé en 1928 par GIO PONTI. Ainsi, l’exposition comprend surtout des œuvres dont les photographies ont été publiées dans Domus entre 1948 et 1968 et des articles consacrés à l’artiste par ce magazine et ceux que Melotti a lui-même écrit.

Le magazine Domus semble avoir joué un rôle particulier dans la carrière de l’artiste, celui d’un spectateur attentif et sensible, conscient des changements survenus dans l’atelier du sculpteur du 28 Via Leopardi à Milan, où Gio Ponti est souvent allé en compagnie de sa fille LISA PONTI.

melottiLes étapes-clés de cette évolution sont clairement perceptibles dans la succession d’articles sur et de Melotti parus à partir de 1948. Il est à noter que la perspective critique développée dans ce magazine était fondée sur l’idée d’une continuité poétique confirmée par la présence dans chaque article de reproductions d’œuvres de Melotti datant de différentes époques.

C’est pourquoi l’exposition ne suit pas un ordre chronologique. Les articles de Domus furent complétés par la couverture de son travail de décorateur avec Ponti et d’autres architectes, et par des articles consacrés à ses sculptures en céramique des années 1940 et 1950 (comme par exemple ses “Teatrini” et ses plaques de céramique) jusqu’à l’apparition de ses nouvelles sculptures en métal des années 1960 – en insistant toujours sur la réapparition régulière de la démarche abstraite de ses débuts.

En juillet 1962, Domus publie un article de Melotti dans lequel son langage poétique fait allusion à son silence apparent d’artiste qui a suivi la période abstraite, courte et décisive, qui fut la sienne au milieu des années 1930 : « Nous approchons et retournons (…) vers les nombreux interludes (actes de la vie ?), vers les hymenaios orphiques, méditerranéens, de la géométrie avec la poésie »

Près d’un an plus tard, un autre article de Melotti paraît dans les pages de Domus. Considéré comme l’un de ses textes les plus programmatiques, L’Incertezza (Incertitude), en mars 1963, tient lieu de manifeste complet de la poésie de Melotti, permettant à l’artiste de valider l’originalité de son travail dans le contexte de l’art abstrait. Avec Domus, UGO MULAS – présent avec une série de photos des œuvres de Melotti – joue un rôle crucial dans l’exposition, dont la meilleure description a été donnée par le critique et éditeur Vanni Schweiwiller qui écrit à propos de la relation entre Mulas et Melotti : « Melotti s’est attaché à Ugo Mulas qui était son photographe (…)

Et la passion et l’excellence d’un grand photographe comme Ugo Molas a contribué de façon significative à la redécouverte, certes tardive, d’un grand sculpteur comme Melotti ».

BIOGRAPHIE DE FAUSTO MELOTTI Fausto Melotti (1901-1986)

est né à Rovereto, une petite ville alors située aux confins méridionaux de l’empire des Habsbourg. Élevé dans un contexte familial où la musique joue un rôle important, le jeune garçon suit sa scolarité dans sa ville natale. En 1915, fuyant la seconde guerre mondiale, sa famille s’établit à Florence.

Là, il fréquente son cousin Carlo Belli, futur théoricien de l’art abstrait italien ; ensemble, ils visitent églises et musées, se familiarisant avec l’art et l’architecture Renaissance tout en côtoyant les milieux littéraires d’avant-garde de la ville. Melotti poursuit sa formation musicale : il se consacre au piano, à l’orgue et à l’étude de l’harmonie.

Melotti-Kore-1Entre-temps il suit les cours du Reale Istituto Tecnico Galileo Galilei, lycée technique où il obtient son baccalauréat en 1918. La même année il s’inscrit à la Faculté de Physique et de Mathématiques de l’Université de Pise, pour ensuite continuer ses études à l’Institut Polytechnique de Milan où il reçoit le titre d’ingénieur en électrotechnique en 1924.

Au cours de ses années d’études universitaires, il revient souvent à Rovereto où, en compagnie de Carlo Belli, il fréquente les milieux culturels, notamment Gino Pollini et Fortunato Depero. Entre 1925 et 1926 il s’installe à Turin, où il commence à se consacrer à la sculpture dans l’atelier de Pietro Canonica ; il s’inscrit également à l’Académie Albertina.

Il déménage ensuite à Milan, où il suit les cours d’Adolfo Wildt à l’Académie des beaux-arts de Brera ; là, il rencontre Lucio Fontana, avec qui il noue une amitié doublée d’une estime et d’une entente intellectuelle profondes.

L’enseignement de Wildt apprend aux deux jeunes gens le contrôle rigoureux dans l’exécution des œuvres, l’allègement de la matière, la création du vide entre les masses et la recherche de la pureté des volumes.

Melotti achève ses études en 1929 ; en 1930 il fait la connaissance de Gio Ponti qui venait de créer, en 1928, la revue Domus, autour des thématiques de « l’architecture et l’ameublement de l’habitation moderne en ville et à la campagne» (pour reprendre le sous-titre du premier numéro), dans leurs différentes déclinaisons.

Ponti engage Melotti comme dessinateur-créateur dans la manufacture de céramique Richard-Ginori, dont il est luimême directeur.

1939-1940-2-La-DecorazioneMelotti commence ainsi à réaliser des sculptures de petit format ainsi que des objets en céramique et en porcelaine moulées, qu’il présente aux Triennales de Milan du début des années trente, tandis qu’on en parle dans différentes revues, notamment dans Domus.

Il fréquente également avec assiduité les jeunes architectes fondateurs du mouvement rationaliste « Gruppo 7 » (dont Gino Pollini, Luigi Figini, Giuseppe Terragni). À partir de 1932 il enseigne l’art plastique moderne à l’école professionnelle du meuble de Cantù, en Lombardie.

L’enseignement devient pour lui un canal pour transmettre sa réflexion sur les modalités d’approche de la sculpture, fondée sur des concepts de base tels que le rythme, l’ordre de composition et la géométrie des volumes.

En 1934 les travaux réalisés par ses élèves sont exposés avec succès à la galerie Il Milione, ouverte en 1930 par les frères Ghiringhelli dans la via Brera à Milan, et lieu d’expériences artistiques que Melotti fréquente dès le début.

En compagnie de Lucio Fontana, Melotti adhère en 1935 au mouvement « Abstraction-Création », fondé à Paris en 1931 par Theo van Doesburg, Michel Seuphor et Georges Vantongerloo, dans le but de promouvoir et de diffuser l’œuvre des artistes non-figuratifs.

La même année se tient sa première exposition personnelle à la galerie Il Milione, où il présente dix-huit sculptures abstraites, notamment Scultura 14 et Scultura 21.

L’importance et l’originalité de cette exposition ne sont pas reconnues par la critique italienne. Carlo Carrà écrit dans un compte-rendu paru dans L’Ambrosiano : « …c’est intelligent, mais ce n’est pas de la sculpture ».

Après cette expérience, Melotti semble mettre la sculpture abstraite de côté. Pendant la seconde moitié des années 30 et les années de guerre, il se consacre à des commandes publiques, exécutant des sculptures également de grande échelle, dédiées à des figures allégoriques ou mythologiques.

En 1943 son atelier milanais est détruit par un bombardement. Rapidement remis du choc, il loue un four et commence à réaliser de petites sculptures en céramique et en terre cuite.

Dans les premières années de l’après-guerre, Melotti devient un céramiste réputé et fécond. Dès 1945 ses créations, carreaux, vases, cheminées, statuettes sont l’objet de commandes considérables auprès d’architectes, décorateurs d’intérieurs et collectionneurs.

Parallèlement il commence à travailler à ses “Teatrini”, compositions en terre cuite qui évoquent les espaces énigmatiques de De Chirico, à des sculptures en céramique émaillée, comme La Follia, ainsi qu’à des bas-reliefs et à des carreaux.

En 1947 il écrit à son épouse : « A l’atelier je me suis mis à faire des choses pour moi. Et j’en suis très heureux. Il me semble retrouver une raison d’être ». L’année suivante il est présent à la Biennale de Venise avec quatre œuvres en céramique ; il y participera régulièrement dans la période qui suivra, ainsi qu’à d’autres importantes manifestations comme les Triennales de Milan.

C’est également en 1948 que paraît dans le numéro 230 de Domus un article de Lisa Ponti (la fille de Gio Ponti quiavait intégré cette année là la rédaction de la revue) intitulé « Il mago Melotti » (« le magicien Melotti ») : un récit intime qui raconte le céramiste, artiste « sensible, silencieux, au rire bref et embarrassé ».

1935-9-Scultura-n14Les années 50 et 60 sont marquées par une collaboration étroite avec Gio Ponti, qui comprend l’exécution d’importants travaux de décoration, notamment la Villa Planchart à Caracas (1953-1957) et les bureaux de la compagnie aérienne Alitalia à New York (1958).

Melotti poursuit sa production de céramiques, toujours plus lyriques et riches d’invention. Un rédactionnel de quelques lignes, paru en 1959 dans le numéro 359 de Domus, témoigne d’un regard attentif et sensible sur le travail de l’artiste.

Le texte, accompagné de reproductions d’une œuvre sur papier et de deux bas-reliefs, affirme que, dans ces œuvres récentes, Melotti « n’a changé ni de monde ni de manière : ce sont bien ses personnages fabuleux, ses paysages, ses pièces presque habitées […] ; Melotti a retrouvé là le plaisir du temps où il pratiquait l’art abstrait, il y a trente ans, mais sans plus se soucier de la construction géométrique d’autrefois ».

Le début des années 60 marque un retour complet et résolu à la sculpture, qui s’appuie sur la conscience de l’importance de l’expérience abstraite pour commencer une nouvelle saison dédiée aux sujets filiformes en laiton soudé.

C’est dans Domus (numéro 392, juillet 1962), revue avec laquelle il collaborait en fournissant des textes sur d’autres artistes, qu’il publie un article où il évoque dans son langage de poète le long silence qui a suivi sa période abstraite, brève et intense, du milieu des années trente, et justifie en quelque sorte son retour à ce type d’expression :

« Nous approchons et retournons […] vers les nombreux interludes (actes de la vie ?), vers les hymenaios orphiques, méditerranéens, de la géométrie avec la poésie ». Quelques mois plus tard, c’est encore dans Domus (numéro 400, mars 1963) que paraît un de ses textes théoriques les plus célèbres, « L’incertezza » (L’incertitude).

La nouvelle orientation prise par la sculpture de Melotti rencontre bientôt la faveur de la critique, et ceci de façon durable; le retour à une reconnaissance définitive également de la part du public arrive avec l’exposition personnelle de 1967 à la galerie Toninelli de Milan.

À cette époque il fait la connaissance du photographe Ugo Mulas par l’intermédiaire de leur ami commun Vanni Scheiwiller, critique et éditeur ; celui-ci dit de la relation entre les deux artistes : « Melotti s’est pris d’affection pour Ugo Mulas, qui fut son photographe […].

Et la passion et l’excellence d’un grand photographe tel qu’Ugo Mulas a contribué de façon déterminante à la redécouverte, même tardive, d’un grand sculpteur tel que Melotti ».

Domus documente l’exposition chez Toninelli en publiant un extrait d’un texte de Melotti ainsi qu’une ample série de photographies des œuvres qui y avaient été présentées (numéro 449, avril 1967), et continuera d’accorder attention et espace à ses œuvres, comme dans le cas de l’article intitulé « Le sculture sottili di Melotti » (« Les Scultpures effilées de Melotti » ; numéro 464, juillet 1968), illustré également par une photographie de Mulas représentant la sculpture Hotel Dieu. À la fin des années 60, la redécouverte de Melotti sculpteur s’affirme définitivement.

À partir de ce moment-là, expositions, publications et textes critiques seront nombreux et prestigieux. Dans cet ensemble de collaborations illustres, le petit volume intitulé “Lo spazio inquieto” (« L’Espace inquiet »), publié en 1971 par les éditions Giulio Einaudi de Turin sous la direction de Paolo Fossati, se distingue particulièrement.

archivi_domus_melotti5Le livre comprend 48 photographies d’Ugo Mulas, le texte d’Italo Calvino intitulé “I segni alti” (« Les Signes élevés »), un commentaire de Paolo Fossati et des “foglietti” de Fausto Melotti. L’année suivante Calvino offre à Melotti un exemplaire des Villes invisibles, avec une dédicace amicale : « À Fausto Melotti, les villes effilées et toutes les autres de ce livre qui est également le sien.

Avec beaucoup d’amitié ». Ce moment marque le début d’une longue série d’expositions en Italie et à l’étranger, qui permettent au public d’explorer son œuvre. Sculpteur, mais également poète et écrivain, Melotti a publié aux éditions Adelphi deux recueils d’écrits : Linee (« Lignes » ; 1975) et Linee, Secondo Quaderno (« Lignes, second cahier » ; 1978).

En 1976 il aménage une maison et un atelier à Rome, voyageant sans cesse entre Milan et la capitale.

En 1979 une rétrospective est présentée au Palazzo Reale de Milan, qui remporte un vif succès également auprès d’artistes plus jeunes, tels Giulio Paolini et Luciano Fabro ; en 1981 c’est la ville de Florence qui lui consacre une grande rétrospective au fort du Belvedere, minutieusement organisée par l’artiste en personne. Fausto Melotti meurt à Milan en 1986.

Cette année-là la Biennale des arts visuels de Venise décerne un Lion d’or à sa mémoire.

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