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Grégory BOURDY-Olivier ELISSONDO : La magie opère

Grégory BOURDY a commencé l’année avec Olivier Elissondo. Ces deux là se connaissent bien puisqu’Olivier ELISSONDO, Elish” pour les intimes, a été le caddie de Gregory pendant presque 9 ans…Olivier est Basque et cela s’entend, il est aussi l’un des caddies français les plus connus et respectés du Tour Européen, à la fois pour ses compétences, son professionnalisme et sa bonne humeur. Et pour cause… Elish a déjà un sacré curriculum vitae. Après avoir passé près de 9 années aux côtés de Grégory BOURDY, il a caddeyé Thomas LEVET, et depuis la saison passée, le jeune Adrien SADDIER. 

Auteur d’un magnifique 66 (-6) ce matin lors du premier tour du Abu Dhabi Championship, le duo magique semble avoir retrouvé ses automatismes. De très bon augure pour la suite.

 

Interview publiée le 7 juillet 2014.

Contrairement aux stars des pays anglophones qui partagent souvent la notoriété de leur boss, les caddies français sont peu connus du public et exercent un métier peu reconnu, sous-estimé à coup sûr. Nous avons voulu en savoir plus sur les compétences nécessaires à l’exercice de leur métier. En fonction de quels critères un joueur de renom choisit-il son caddie? Qu’est-ce qu’un bon caddie ? Nous avons demandé à Elish de nous faire partager son expérience et de nous éclairer sur son rôle et ses responsabilités auprès du joueur qu’il caddeye. D’une bonne humeur et d’un enthousiasme communicatifs, c’est tout sourire qu’il nous a accordé une interview qui va permettre de mieux comprendre les tâches essentielles de ces hommes qui vivent à l’ombre des champions, partageant pourtant leurs succès et leurs frustrations.

Bonjour Olivier, tu portes depuis  plus de 10 ans le sac des plus grands joueurs français sur le Tour Européen. Peux-tu nous dire comment tu es arrivé à la fonction de caddie ?

J’ai tenté les cartes du circuit francais que j’ai obtenues en 2004. Gregory Bourdy m’a alors demandé de le caddeyer pour quatre tournois sur le Challenge Tour, et en fait on en a fait 15 dans l’année. Dans la foulée, j’ai arrêté de jouer pour me consacrer à ce métier.. Je suis resté 8 ans et demi avec Greg, puis un an et demi avec Thomas LEVET, et maintenant je suis avec Adrien SADDIER.

Comment définirais-tu le travail du caddie ?

Nous sommes des partenaires de jeu ayant une possibilité d’intervenir sur la performance sportive. Nous sommes des sortes de co-pilotes, des stratèges, on fait du management de parcours, mais c’est toujours le joueur qui a le dernier mot. Nous, on est là pour les aider et essayer de les raisonner de temps en temps. Notre rôle est important.

Quels sont tes fonctions exactes ?

Chaque tournoi se prépare en amont. On fait du repérage, double-check du carnet, on prend des notes sur le parcours lors de la partie de reconnaissance, et si besoin, si on a des doutes, on peut faire les 18 trous à pied avec un petit carnet pour confirmer les notes. On est là d’abord pour la stratégie de parcours. On doit donc être capable de répondre à toutes les questions concernant le parcours. Sur le terrain, on aide les joueurs pour le yardage et tout cela. Mais notre rôle principal, je le répète, c’est la stratégie, aider le joueur à faire des bons choix tactiques. Tout ce qu’il faut connaitre sur un parcours, comment la balle réagit, les inclinaisons des greens, la direction, la vitesse du vent, il faut être attentif à tout pour pouvoir conseiller au mieux son joueur.

Les inconvénients du métier ?

Forcément, il nous faut supporter les sautes d’humeur de certains joueurs, mais c’est humain. Les voyages, cela peut paraitre bizarre, mais c’est vrai qu’on voyage beaucoup, on enchaîne chaque semaine, et finalement on ne voit rien de la destination, on fait aéroport-hôtel-golf. Donc parfois, cela peut être pesant.

Les avantages ?

J’ai la chance d’avoir un super bureau chaque semaine, d’être sur les parcours que la plupart des gens rêveraient de fouler, de faire les plus gros tournois de l’European Tour et parfois les plus gros tournois du monde. Et ça, ça n’a pas de prix. On est avant tout des passionnés de golf. On a la chance de participer à notre façon à la performance du joueur, et on ne rêve que d’une chose : la victoire.

Comment se passe la relation caddie/ joueur ?

Chaque joueur est différent, chaque caddie est différent. Il n’y a pas de caddie parfait, de meilleur caddie au monde.  Bien sûr, il faut connaître son métier et bien le faire, mais après c’est aussi une question de feeling, ça passe ou ça ne passe pas. Vous pouvez mettre le meilleur caddie du monde avec le meilleur joueur du monde et ca peut très bien ne pas coller. Inversement, si vous mettez un caddie lambda avec le meilleur joueur du monde, l’alchimie peut se faire : il n’y a pas de règle. C’est comme dans un couple, on a des atomes crochus, des ondes positives ensemble, et quand on ne les a plus, on divorce !

Que penses-tu de ton métier ? Etes-vous nombreux en France à exercer cette profession ?

Il y a très peu de caddies en France, et en général, on le devient comme moi, par “hasard”. Et notre profession n’est pas estimée à sa juste valeur ici. Si tu vas en Angleterre, tu vas être reconnu ; si tu vas aux EU, c’est pareil. En France, tu n’es qu’un porteur de sac… Je trouve cela dommage qu’il n’y ait pas plus de reconnaissance, de respect envers notre profession. Bien sûr, c’est normal que les joueurs soient mis en avant, qu’ils soient dans la lumière et nous dans l’ombre, et nous ne sommes pas jaloux. Mais ces mêmes joueurs témoignent de l’importance de notre rôle dans leurs succès. C’est bien qu’il y a une raison !

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