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Debrief d’après Ryder

Quelques commentaires sur les performances des deux équipes à Gleneagles.

Après la première journée, américaine le matin, européenne l’après-midi pour un 5/3 final le premier soir, on s’était dit que Tom Watson allait rectifier le tir, car le déséquilibre était énorme entre les quatre balles, où finalement chaque joueur joue sa partie en solo, et les foursomes, où il faut de la cohérence à la fois entre joueurs et dans l’ensemble du team.

En fait rien n’a changé, les Américains ont le deuxième matin brillé en solo, et ils ont à nouveau tout perdu l’après-midi en duo.

Bien joué McGinley, mais comment expliquer que le même scénario ait pu se produire deux fois et que les Américains n’aient récolté qu’un point sur huit dans les foursomes ? D’après notre analyse, et nous ne sommes pas les seuls, la clé de cette Ryder Cup est sans doute là, et l’Amérique devra se poser la question de ces doubles mal négociés, qui ont laissé les US avec 4 points de retard au moment des simples. Cela signifiait que pour l’emporter, ils devaient le dimanche gagner huit matches ½ sur 12 en jeu. Certes, l’Europe l’avait fait à Medinah, mais l’exploit était exceptionnel, et le fruit d’une dynamique qu’on n’a jamais sentie dans l’équipe US..

Un court moment, on a cru cependant qu’ils allaient réussir à le faire : « Les Américains sont arrivés le dimanche très remontés, et le tableau leur a longtemps été favorable. », a dit Ian Poulter. Spieth se voyait beau à 3 up contre McDowell, Hunter Mahan menait lui aussi 4 up sur Justin Rose au trou n°7, Mickelson venait d‘égaliser contre Gallacher, les US étaient up dans quatre matches, l’Europe dans seulement deux matches, et deux étaient square.

Mais très vite, le leaderbord a bleui, le suspense n’a pas duré longtemps et la déroute américaine s’est vite confirmée.

Il est évident que la mésaventure arrivée à Jordan Spieth a cassé la dynamique des Américains. Le rookie était tellement sûr de son invincibilité (« P. Reed et moi sommes les deux meilleurs joueurs de quatre balles du plateau », avait-il dit avant les simples)… qu’il a peut-être mésestimé son adversaire. Erreur de jeunesse…  Ce match était symbolique de la différence entre les deux équipes, surtout par l’attitude de McDowell, imperturbable lorsqu’il était mené 3 down, et sans un regard pour son adversaire quand il l’a poussé à la faute, au point que le jeune Spieth ne savait plus où il était et ratait l’inratable. Pour enfoncer le clou, McDowell quittait en courant les greens dès que son adversaire avait manqué son putt, pour se précipiter au tee suivant,  porté par la foule.  Remonter en neuf trous de 3 down à 2 up, cela casse l’adversaire, mais aussi cela plombe l’ensemble de l’équipe adverse.

Et en effet, comme les deux jours précédents, les Européens ont redressé la barre irrésistiblement. Rose a fait birdie sur cinq trous consécutifs, Spieth a commencé à vivre le cauchemar de perdre cinq des six trous à suivre, dont quatre avec bogeys, Bubba était 4 down après les six premiers trous…

Au bout du compte, Rory et Graeme McDowell ont assuré les deux premiers points de la journée pour aller à 12, Martin Kaymer a chippé pour le 13ème point, et une victoire 4 et 2 sur un triste Bubba. Justin Rose a égalisé son match avec Hunter Mahan, et cela faisait 13 ½. Enfin, sans suspense puisqu’il dominait son match  depuis le début, Donaldson a donné le point de la victoire à l’Europe en battant Keegan Bradley  4 et 3. Victoire dans  les simples 6,5/5,5, et victoire finale des Européens 16,5/11,5.

Le coaching de Mc Ginley a fait l’unanimité, contrairement à celui de Tom Watson, mis en cause en conférence de presse par Phil Mickelson. Contrairment à son homologue américian dont personne n’a compris le management, le capitaine européen  a mis au repos les joueurs qui en avaient besoin, il a laissé le chaud bouillant Justin Rose faire les cinq matches, il a associé McDowell et Victor pour un double succès et une complicité si évidente… « Le captain a été exceptionnel. » a dit Olazabal. « Il a construit cette victoire pendant deux ans et il a amené tout le monde jusqu’à la victoire. »

Quant à Rory, après des doubles mitigés avec Sergio Garcia, il a joué à son niveau, celui de n°1 mondial sans conteste, contre Rickie Fowler. L’effet d’entraînement attendu a eu lieu, il a  assumé son rang pour donner le ton à l’équipe., c’est ce que le capitaine espérait, et c’est ce qu’il avait demandé à Rory, Coté Américian, Patrick Reed a été très bon sur les trois jours. D’après le captain watson,  Keegan Bradley a mal putté, et les drives de Mickelson n’ont pas été au niveau. Voilà les raisons pour lesquelles l les a laissés au repos toute la journée de samedi. Etonnant, même pour Olazabal qui a avoué qu’il comprenait le besoin de repos de Mickelson, mais pas une journée entière… Tout cela a manifestement laissé des races dans l’équipe, si on en juge par la conférence de presse où Mickelson a critiqué la gestion de son capitaine. « Samedi matin nous étions prêts à jouer. Malheureusement, ce ne fut pas le cas, nous n’avons pas eu cette chance. »  Bubba n’a jamais trouvé son jeu, et Mahan a fini par dire  « Nous avons été battus par plus forts que nous. »

Il est temps pour les Américains de préparer leur revanche à Hazeltine, en rappelant Paul Azinger ou en mettant Mickelson lui-même devant ses responsabilités.  Les jeunes talents ne manquent pas aux US, et on en saura plus alors sur l’état de forme des stars de la dernière décennie.

On a hâte, déjà, de voir l’Amérique relever le gant.

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