Bubba encore vert

« Il faut tellement de toucher et de créativité sur ce parcours. Bubba peut arriver ici sans avoir besoin de tout calculer. Il ressent les coups, il sait presque d’instinct quel coup ou quel club jouer en fonction de la situation et des drapeaux. » Le commentaire de l’ami Rickie Fowler, excellent 5ème , est tout de même incomplet.Il n’a pas fallu à Bubba que de la créativité et de l’instinct, il a fallu aussi des nerfs solides pour gérer la charge du jeune loup Jordan Spieth, imperturbable dans les premiers trous malgré l’enjeu.

Nous avions recensé hier treize joueurs comme possibles vainqueurs. En fait, les deux leaders rassemblés dans la dernière partie ne lâchant rien et se rendant coup pour coup, la lutte s’est circonscrite très vite entre eux deux, les autres approchant parfois, mais jamais suffisamment pour les inquiéter vraiment. Le duel a d’abord tourné en faveur du plus jeune, puisque Jordan Spieth, avec deux birdies aux 6 et 7, possédait à l’issue de ce  trou n° 7 deux coups d’avance sur Bubba. Celui-ci, très nerveux hier, paraissait plutôt serein aujourd’hui, échangeant même avec son adversaire de façon presque amicale. Sans doute attendait-il son heure. Elle est venue sur les deux trous suivants. Alors que Spieth manquait deux putts et concédait deux bogeys, Bubba serrait le jeu et enquillait deux birdies à suivre. Comme dans les match-plays, c’était le tournant de la rencontre, les deux joueurs en conviennent. Bubba « Je pense que le neuvième trou a été un tournant dans la partie et que c’est à partir de là que  les choses sont allées dans le bon sens pour moi » ; Jordan Spieth : «  8 et 9, les tournants de la partie…  Et puis son drive du 13, jamais je ne l’oublierai. J’ai cru qu’il était hors limites de 70 mètres sur la gauche, mais il était parfait finalement. ».

Imperturbable, Bubba continuait en effet à envoyer des mines à plus de 300 mètres, avec parfois des trajectoires improbables comme il sait les faire. On était alors dans l’Amen Corner, là où les titres se jouent souvent et où Bubba a en effet enfoncé le clou. Spieth envoie une balle dans l’eau sur le par 3 du 12 pour un bogey (contre un par pour Bubba), et celui-ci, après l’engagement de folie évoqué plus haut par Spieth, prend un birdie au 13 alors que Spieth « concède » le par. Trois points d’avance, l’affaire était faite, et Bubba Watson a su gérer la fin de parcours pour conserver cette avance finalement confortable.

«  Cette victoire est très différente de la première, a déclaré Bubba Watson. La première constituait presque selon moi un miracle. Cette fois ci, c’est la récompense du travail. Après avoir cédé ma veste verte à Adam l’an dernier, je voulais la reprendre pour cette saison. J’ai dit à Adam que nous pourrions nous l’échanger chaque année »

Une mention spéciale pour Jonas Blixt, le Suédois de 29 ans qui rejoint Spieth à la deuxième place à – 5, après une semaine d’une incroyable solidité (70, 71, 71, 71), et pour le toujours flamboyant  Miguel Angel Jimenez, seul quatrième à – 4, qui avoue s’être bien amusé. « Pour un vieux de 50 ans, je me sens encore plutôt compétitif. » Il peut le dire en effet, puisqu’il est recordman  du parcours avec son 66 de feu samedi.

Pour les autres prétendants, on trouve à la cinquième place Matt Kuchar, le favori de beaucoup samedi, qui a vite perdu toutes ses chances avec un méchant 4 putts sur le 6. Il est accompagné à cette place d’honneur de Rickie Fowler, brillant cette semaine mais un peu plus à la peine pour ce dernier tour (+ 1). Fowler incarne lui aussi la nouvelle génération capable de tous les exploits, avec Spieth, Blixt, Rory mais aussi avec les perdants du Masters Reed et Victor Dubuisson. Ils devront simplement attendre un peu. Pour l’instant, le kid d’Augusta, c’est Bubba.

 

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