Augusta sort ses griffes

« Le parcours devient de plus en plus dur. Ceux qui jouent bien ramènent des scores plutôt bons, mais c’est un désastre à chaque mauvais coup. »

Ce commentaire de Lee Westwood, par ailleurs bien placé dans le par général,  résume bien l’impression générale de ce début de Masters absolument impitoyable, confirmée par les écarts énormes entre certains scores. Pendant que Bubba ou son dauphin Senden jouaient – 4, les deux partenaires de Victor Dubuisson  Peter Hanson et Keegan Bradley jouaient respectivement + 15 et + 9. On imagine l’ambiance dans la partie…

C’est que les positions des drapeaux et les vents tourbillonnants ont fait hier à Augusta une sélection presque incroyable quand on regarde les recalés du week-end. Il fallait être d’une précision diabolique, ne rien lâcher au putting et avoir un peu de chance pour survivre. Apprivoiser le parcours hier à Augusta était une véritable épreuve, qui a fini par en décourager plus d’un. Si Bubba parti tôt fait le trou avec un très beau 68 qui se cumule au 69 d’hier (-7 au total, trois coups d’avance sur Senden, seul second), beaucoup d’excellents joueurs ont sombré. Le cut à + 4 a éliminé Victor Dubuisson de justesse (+5), mais aussi  Sergio Garcia, Charl Schwartzel, Graeme Mc Dowell, Matteo Manassero (81, neuf bogeys hier !), Ernie Els, Luke Donald, Zach Johnson et Dustin Johnson, et surtout le chouchou d’Augusta Phil Mickelson, victime du n° 12 (triple bogey), de ses bunkers et de son green patinoire.

Très déçu, Victor a vraiment manqué de réussite,. Dans son débriefing, il mettait principalement en cause, comme son coach Benoit Ducoulombier, son putting délicat. Il est vrai que la position de la balle sur les greens rendait parfois les putts incroyablement difficiles. Son grand jeu hier était solide (71,4% de fairways touchés), mais même sans aucun trois putts, 32 putts, c’est beaucoup pour scorer.  Cependant, puisqu’il échoue d’un seul coup et sans chauvinisme de notre part, on ne peut s’empêcher d’évoquer les rafales du 13 qui poussent sa balle dans l’eau pour un bogey, et les tentatives manquées de peu sur les trois derniers trous pourtant bien négociés. Victor avait de quoi être déçu, puisqu’il a plutôt bien joué et qu’il échoue à la porte du cut.

Du côté des satisfactions et des espoirs, outre Bubba et l’Australien Senden, Thomas Bjorn a également joué 68 hier, ce qui le place à la troisième place à – 3, en compagnie du redoutable Adam Scott, de l’étonnant Suédois Jonas Blixt et de l’ex-rookie Jordan Spieth, qui n’en finit pas de confirmer les espoirs du golf américain placés en lui. D’une autre génération, les expérimentés Jim Furik (le quatrième 68 d’hier) et surtout le quinquagénaire Fred Couples tiennent remarquablement leur rang, puisqu’ils pointent à la 7ème place à -2.

 

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