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Lettre ouverte à Victor, vice-champion du monde de golf

Ici en France, 2 heures du matin, le 24 février

Cher Victor,

Juste un petit mot du bout de la nuit pour te dire simplement merci. Tu peux être fier de toi. Hier, à tout instant de cette journée particulière et épuisante, tu es parvenu à rester toi-même, un magnifique joueur de golf. Mais surtout tu as réussi à conjuguer à ton incroyable talent une admirable gestion humaine et  sportive de l’événement,  parfaitement mesurée malgré la démesure de l’enjeu. Et ce n’était pas le plus facile devant la fatigue accumulée, les assauts répétés et le jeu sans faille de ton adversaire final Jason Day, tant d’espoirs parfois contrariés, de rebondissements, d’occasions d’espérer ou de désespérer vécues intensément et presque simultanément.

Malgré la distance, le décalage, les aléas d’une retransmission télévisée chaotique, ce moment de golf fut absolument magique, inédit,  et je ne suis pas la seule à avoir des étincelles dans les yeux ce matin en évoquant les « shots of the day » qui se succédaient, l’intensité du combat,  la qualité du duel, le suspense .

Lorsque tu t’es présenté sur le tee de départ pour cette finale. Je ne pouvais m’empêcher de penser que tu attendais ce moment depuis toujours, que tu en parlais souvent, comme ton destin programmé. C’était l’heure, le jour, le D Day. Nous, tes fans, sommes finalement ressortis de cette dramatique en 41 actes aussi épuisés que toi. Mais bizarrement la fatigue générée par tant de tension, la déception aussi de te voir passer si près du titre mondial s’effacent naturellement pour nous devant un sentiment de soulagement, de pur plaisir d’avoir été les témoins d’un grand moment de sport, d’une sorte de chef d’œuvre à peine inabouti. J’espère sincèrement que tu ressens cette même satisfaction, car objectivement, ta semaine que tu viens de passer sur la lune, dans la mer des cactus, constitue pour toi une réussite absolue, à tous les points de vue. Je ne parle pas des gains, des points FedEx, des qualifications multiples, des sollicitations et invitations qui pleuvent, de ta full card jusqu’à la fin  2015. Ce que je veux simplement te dire, c’est que tu as montré au monde entier non seulement ton talent inouï, mais surtout ton incroyable personnalité de champion. Il suffisait d’écouter, de voir, de chercher sur Twitter les commentaires des autres joueurs, des journalistes et consultants américains. Un mélange de stupéfaction, d’envie et d’admiration devant la classe entourée de mystère de cet invité au panache de d’Artagnan, à l’attitude impassible de Bjorn Borg, dont la magie des recoveries leur rappelait le grand Seve.

 « Tu as vu, Seve ? », interpellait affectueusement Thomas Levet… “Je n’ai pas vu un petit jeu pareil depuis le grand Ballesteros.“, confirmait McIlroy.

Gary Player, Mac Dowell, tous assuraient n’avoir jamais vu de tels « escape shots »….

Tom Watson, capitaine américain de l’équipe de Ryder Cup, tenait à féliciter le grand magicien…

“Quand je serai grand, je veux être Dubuisson”, affirmait avec humour et modestie Gonzalo Fernandez-Castano.

Et le mot de la fin pour Larrazabal : « Trois champions aujourd’hui : Jason Day (le champion), Victor Dubuisson (le combattant, le magicien) et le golf (c’est pour cela que nous aimons ce jeu.)»

Nous aussi, grâce à toi nous aimons ce jeu.

Merci pour cela, Victor, et à très bientôt.

Caroline JDD

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